Cette fois-ci pas d’histoire de maillot de bain oublié, j’ai carrément séché volontairement et de mon plein gré la piscine. Bonjour les bonnes résolutions. C’était pas la peine de partir en Espagne pour me rendre compte que pour le sport je suis incorrigible…
Le joli mois de mai a passé à une vitesse incroyable. C’est vrai qu’avec la noce, nous avons été très occupé. C’est bien la première fois que l’on m’aura vu troquer un Elle contre un très respectable El Pais ou El Mundo. J’ai adoré vivre ce moment de l’intérieur prise entre les deux feux des pour Letitia et des contre la roturière. En effet, pour une grande partie des femmes de mon entourage ; ce mariage a été vécu comme un drame. Le beau Felipe partir avec cette arriviste … Le jour avant la noce, les filles du bureau étaient surexcitées en apprenant qu’il allait pleuvoir, d’autres parlaient de se mettre en deuil. Résultat des courses, tout le monde à quand même passé son week-end devant la télévision à reluquer et critiquer les tenues et allures des unes et des autres.
De mon côté ; n’ayant pas encore intégré toute la culture royaliste espagnole, j’étais plus ravie d’être in the place to be. La ville était magnifique, avec ses bouquets de fleurs accrochés à chaque lampadaire, ses drapeaux affublés du « M » comme Madrid, ou Mayo (ça pouvait pas être mariage car ça se dit Boda). Pour en revenir au « M », on a beaucoup ri entre français car il ressemblait étrangement au M Monoprix.
Et oui, cela fait une excellente transition pour vous parler de ce qui me manque de France (à part vous biensûr).
Il y aura donc vous l’aurez compris, le city marché qui nous fait défaut. Ici je dois hésiter entre Caprabo, qu’avec Christophe nous aimons appeler « Gros cradau » et Sabeco qui fait pas son malin non plus. Ces Franprix locaux sont à mi-chemin entre les marchés africains qui étalent leur poissonséchéquisentfort et ce même désert africain. En revanche, on trouve plein de produits inutiles comme des moules en boîte (non mais on a pas idée) aux mille saveurs, des bouteilles d’huile d’olive de vingt litres et toutes les variétés européennes de vins en pack style longue conservation !
A part cela, c’est curieux il y a très peu de restaux chinois tout bête, notamment pour emporter. J’ai donc un peu de mal à me déshabituer à ma cantine de la rue Au Maire. Et pour finir, pas de Gala et pas de Comptoir de Cotonniers. Heureusement que j’ai des parents en or qui pallient ce dernier point. En revanche, j’ai toujours en tête de monter une franchise en Espagne, enfin non pas moi …. Christophe. Mais, je sais pas pourquoi il n’est pas aussi motivé que moi. Imaginez la tête de ses parents quand je leur ai dit (un peu pour les provoquer) que j’avais de grands projets pour lui au sujet du Comptoir. Enfin bon, étant têtue et déterminée, je vais quand même approfondir le sujet !
Vous voyez donc ce qui me manque ici : rien de grave …. La vie madrilène nous offre bien d’autres luxes à commencer par l’espace, la douce chaleur du début d’été, la proximité des choses et surtout ne plus changer à Châtelet un jour de grève…
Nous nous plaisons à dire « je vais au jardin » en parlant de la terrasse où les plantations de Christophe font des merveilles. Il faut dire qu’au début j’étais dubitative. Comment en plantant un pépin de tomate, veux-tu que l’on ait quelque chose ? Le pauvre, il a du subir mes sarcasmes pendant quinze jours, jusqu’à ce que je renverse malencontreusement ma bière dans les semis et là depuis : miracle de la levure [de bière] ce ne sont plus « ses » plantes mais bien « nos » plantes que je regarde amoureusement croître chaque jour.
Côté apprentissage de la langue espagnole, je me suis un peu calmée sur les fenomenal et compagnie mais je rigole encore toute seule de mes erreurs : j’aime à demander des champignons au bureau de poste. Je me retrouve à la mercerie entrain de dessiner des épingles à nourrices, pas facile facile. Je commande un salade de thon et l’on m’apporte un plat d’olives noires ! Ou encore je ne tape la honte au Sabeco en essayant de d’acheter des recharges pour rasoir !
Aujourd’hui cela fait pile trois mois que j’habite à Madrid. Je suis ravie d’avoir la chance de créer quelque chose de nouveau, de pouvoir prendre du recul et me fixer de nouveaux objectifs. Mais rien ne me fait plus plaisirs que vos témoignages d’amitié !