Petite leçon de vocabulaire pour vous mettre un peu dans l’ambiance.
La femme enceinte se dit : embarasada. Ce que j’aime bien dans les espagnols c’est qu’ils sont directs. Ben oui, c’est embarrassant la femme enceinte. C’est vrai qu’au boulot 15% de l’effectif est enceint, c’est embarrassant pour le DG qui se demande pourquoi il n’a pas embauché plus d’hommes mais aussi pensez a ces pauvres femmes qui bientôt ne verront plus leurs pieds et seront obligées de s’accrocher aux barreaux de leur lit pour se retourner. Mais ce c’est pas tout… La vendeuse du Corte Ingles me dit qu’elle est… Je rougis, je ne lui ai pas demandé comment allaient ses fesses. Et bien ici, avoir un rhume ça se dit comme ça. Je me suis tapée une honte pas possible ! Je suis donc fière de vous annoncer que même en Espagne je serai constipada toute l’année ! Quoi d’autre …. J’entends debil a tout bout de chose ; « la mujer esta debil… » et ben voilà, il fallait que je tombe dans un pays qui maltraite les femmes mais non ça veut tout simplement dire faible.
La liste pourrait être longue mais je vous en livre un dernier juste pour la route.
« La esposa = l’épouse » (facile) mais attention, ça se gâte cruellement au pluriel car la gentille épouse se transforme en d’affreuses menotes « las esposas = les menotes »…
Bon, tout ça pour vous dire que l’on ne s’ennuie pas ici ! Et que les espagnols ont un sacré sens de l’humour.
Je suis sûre que suite au précédent message, vous vous demandez comment je vais avec seulement quatre paires de chaussures et une valise de vêtements. Et bien, je vous l’avoue, j’ai été assez ambitieuse car c’est hyper dur. J’habite dans un quartier très commerçant alors je vis un véritable supplice. Mais je risque très certainement de craquer pour quelque charmante petite ballerine retro ! Mais j’ai trouvé une parade infaillible, quoi qu’aussi coûteuse mais bien moins culpabilisante : j’habille mon homme.
A défaut de pouvoir conseiller Aznar sur son look, Christophe a bien voulu se prêter à mon jeu et jouer les mannequins. Par chance, ayant oublié son costume dans une taxi moscovite, nous avons été contraint ce week-end de courir les boutiques afin de réparer ce drame. Et là, j’ai eu envie de vous dire BANCO !
_ Viens Chris, on va dans une belle boutique.
_ D’accord Clairon
Nous voilà donc chez « Goutchi » à essayer des costumes. Grande Classe les filles aurait pu dire la protagoniste du B achelor. Heureusement que j’avais mon sac Chacha pour me donner de la contenance. Christophe était magnifique dans ce costume à plus d’un mois de loyer. On a beaucoup hésité mais on préfère avoir un appartement pour vous accueillir un mois plutôt. C’est pourquoi vous trouverez probablement une petite corbeille à la sortie de votre future chambre pour participer au « Christophethon » et lui permettre de s’acheter quelque chose de convenable.
Excellente transition, pour vous parler de notre palace charmant . Christophe a été tout simplement brillant car il a, en l’espace de trois jours, visité plus d’une vingtaine d’appartements. Il faut dire que malgré tout ce que l’on nous avait dit sur le logement à Madrid, il n’est pas si difficile que ça de trouver à se loger. Les annonces fleurissent aux balcons et il suffit de sonner le portier pour qu’il vous fasse visiter. Mais bon, les annonces cachent souvent des horreurs.
En rentrant justement d’une visite d’un appartement de type poubelle, nous avons vu dans la rue où nous habitons pour le moment, une de ces fameuses annonces. Le lendemain, Christophe était sur le pont, il visite l’appartement et me convie à me joindre à lui pour le revoir à l’heure du dej. Je ne parlerai pas de coup de foudre mais de coup de raison.
Petite mise en bouche : cent mètres carrés en plein cœur de Salamanca, le meilleur quartier de Madrid, à entendre parler les autochtones, deux chambres, deux salles de bains, un grand salon, un dressing ( !), une grande cuisine. Au cinquième étage, sur cour avec une vue complètement dégagée avec au loin la Plaza Colon, lieu de rassemblement fétiche des Espagnols que vous avez probablement vu à la télévision ces derniers temps. Et le clou, notre chambre donnerait sur une terrasse de taille tout à fait correcte où je me vois déjà faire bronzette le week-end. Bon à part cela, objectivement l’appartement est assez vieillot, je vous raconte pas la salle de bain marbrée dans les tons caramels caca d’oie, la cuisine datée des années cinquante, complètement carrelée de jaune sale, et j’en passe… Mais bon, c’est à côté du boulot (cinq minutes à pied), il y a plein de petites restaus sympas dixit le « gourmet tapas 2004 », d’endroits pour se balader, le quartier à l’air sûr. Donc on va essayer d’arranger cela avec un bon bon bon coup de peinture.
On vous tient au courant mais je suis déjà surexcitée. Je n’en dors presque pas. Je tourne le salon dans tous les sens pour savoir comment mettre les canapés, je réfléchis à la couleur des cousins, aux plantes que l’on mettra sur le balcon et tout et tout.
Bon d’ici là, on croise les doigts très fort.