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MADRID MON AMOUR - Chroniques Madrilènes
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MADRID MON AMOUR - Chroniques Madrilènes

VIP-Blog de clairemore
  • 12 articles publiés
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  • Créé le : 13/09/2005 20:52
    Modifié : 16/10/2005 19:40

    féminin (29 ans)
    Origine : madrid
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    j'ai survécu au 11M

    13/09/2005 21:20



      Curieuse et malsaine impression de déjà vu…. j’ai survécu au 11                   

    On ne s’y habituera jamais mais il faut se rendre à l’évidence, c’est malheureusement la guerre du XXI ème siècle qui continue de se dérouler sous nos yeux et que nos petits enfants apprendront probablement dans leurs livres d’histoire. El mundo es loco.

     Plus terre à terre, voici les premières bribes de mon histoire madrilène.

    Je suis arrivée a Madrid City lundi en fin d’après midi, chargée comme un mulet avec ma valise de vingt-cinq kilos ( je précise que la valise vide devais déjà bien en faire dix alors pas de commentaires désobligeants svp). Pour ceux qui suivent avec assiduité les comptes-rendus de mes déplacements vestimentaires, j’avais effectivement un sac de voyage réservé à mon obsession plantaire mais je n’en reviens pas moi même, je n’ai que 4 paires de chaussures pour tenir en attendant que celles que je n’ose plus compter arrivent avec le déménagement !

     Enfin, je me disais c’est pas grave, je prends une brouette à l’aéroport pour déposer les paquets et puis après j’aurai un chauffeur de taxi costaud, comme une jeune française est en droit d’attendre d’après l’image qu’elle se fait de l’hidalgo moyen, pour tout porter. Et bien devinez quoi, à Madrid comme à Paris il doit y avoir trois pour cent de femmes chauffeur de taxi et bien la seule de la file de quatre vingt dix sept voitures elle était pour bibi qui a du se coltiner ses boulets comme una pauvrecita !!!! de la queue des voyageurs au taxi, devrais-je dire au coffre du taxi… du taxi a la calle Lagasca 67, du trottoir de la calle Lagasca à la chambre 404 A où j’ai élu domicile …. En attendant de trouver le palace charmant ….

     Rapide passage en revue de la chambre, plutôt relais que château, mais c’est parfais, je ne compte pas m’éterniser. Je m’inquiète de savoir où je vais ranger mes produits de beauté, la salle de bain est dépourvue de ce qu’on appelle armoire… ça va être un fameux champ de bataille, pauvre Christophe… J’espère qu’il  s’y fera.

     Première déconvenue, le téléphone gris modèle mille neuf cent quatre vingt qui trône sur la télé s’avère être un téléphone interne à la résidence... Cette découverte bien que malheureuse m’a néanmoins permis de tester en grandeur nature mes talents de polyglotte qui, il faut le reconnaître après trente heures de cours avec Luz, sont plus que respectables (lancer de fleurs…).

     Premiers contacts avec la nourriture autochtone. Ceux qui me connaissent bien sauront que « la bouffe » a longtemps été le sujet principal de mes lettres de l’étranger[1]. Catastrophe, pas de Cappucino et pas de thé. Les espagnols aiment donc le café… C’est bon à savoir, j’aime bien les supermarchés en fait car ça en dit beaucoup sur la société. Il y a de la morue grise, à la limite du présentable en promo à côté de parts de gâteaux et de salades défraîchies. Que dois-je en déduire ????! Je ne ferai aucun commentaires car pour mon premier dîner espagnol je me suis fais un risotto maison. Et oui, fameux de surcroît. Yen a qui rêvent de manger leur hotdog en se promenant dans central Park (sic) et bien moi c’est risotto et manucure, vale !

     Transition parfaite pour vous donner en quelques mots le programme de mes deux jours de farniente : lever tardif, piscine, manucure, balade, bain de soleil en terrasse et sieste…

     Le temps file, on est déjà mercredi soir. Demain, je fais ma rentrée des classes. Pour la première fois depuis longtemps je n’ai pas la boule au ventre.

     J’ai vite fait de prendre mes mauvaises habitudes de célibataires en allumant la télé au réveil pour faire une présence et m’intéresser aux informations enfin au look des présentateurs espagnols et à leur débit car j’ai du mal à suivre. Néanmoins, je comprends que quelque chose d’extra-ordinaire est entrain de se passer. Mais je suis à des lieux de m’imaginer l’horreur. Il est huit heures trente, les premières images commencent déjà à tourner en boucle….

    Pour un premier jour de travail, c’est une bien triste entrée en matière. Le bureau est sous le choc, l’Espagne est sous le choc. Plus que jamais je me sens étrangère. J’apprends ainsi à connaître les espagnols. Aujourd’hui, ils ont fait quinze minutes de silence. Pour cela ils sont sortis dans la rue, dignes sous la pluie et ont applaudi pour clore leur recueillement. Ce soir une grande manifestation était organisée. Toutes les boutiques sont en deuil, des rubans noirs ornent les monuments et les revers des vestes. Je me retrouve un peu malgré moi dans ce rassemblement de la télé. Tout Madrid semble dans la rue, et le reste de l’Espagne la soutient … Je sens que je vais aimer ce peuple. J’aime leurs banderoles et leurs messages de paz. Les bougies qu’ils déposent dans la rue mais je ne m’y sens pas encore à ma place, je me demande comment nous Français aurions réagit et quel rôle j’aurais osé jouer dans mon pays.

     Je reviens chez moi à contre-courant, trempée, un peu honteuse, pour me réfugier dans ma chambre et contempler de chez moi l’événement. J’entends les hélicoptères au-dessus de moi et je vois leurs images en face de moi. Il y a  même Raffarin, mouillé sur l’écran à côté d’Aznar. C’est ça aussi l’Europe.

     Je déteste vraiment la moustache clairsemée de leur président. Il serait vachement plus engageant sans[2].

     Bon Cristobald arrive enfin demain soir, il n’est pas trop tard car pour le moment, je n’ai pas eu le courage de profiter de la vraie vie à l’espagnole et je me nourris de céréales (c’est inévitable, il fallait encore que je vous parle de bouffe …)

     En tout cas, ce triste événement m’a permis de me rendre-compte une fois de plus à quel point je suis entourée de gens géni-aux qui comptent énormément pour moi. Merci du fond coeur à tous ceux qui m’ont appelé de Paris, de Rhode Island ou de Hong Kong, j’ai été très touchée de vos attentions.

     Je pense très fort à vous.

     Hasta luego,

     

     

    [1] Je m’excuse encore auprès de mes parents pour les lettres que j’ai pu vous écrire des Etats-Unis dans lesquelles je vous racontais par le menu les particularismes culinaires locaux.

    [2] Note pour plus tard : un jour je me dis que je serais conseillère en communication physique et vestimentaire.






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